TCHIF, de son vrai nom Francis Tchiakpé, est né en 1973 à Cotonou. Tchif dessine depuis qu’il est enfant, encouragé par son père. Au lycée, il est caricaturiste dans différents journaux béninois, et gagne déjà sa vie. A 16 ans, il a même sa propre rubrique dans La Nation. Il quitte le lycée avant d’avoir le baccalauréat, trop absorbé par sa carrière naissante.

A 18 ans, Tchif commence à peindre, en autodidacte. Son entourage ne l’encourage pas dans ce choix, lui dit qu’il n’arrivera jamais à en vivre, qu’il finira zémidjan (taxi-moto). En 1994, il remporte son premier concours de dessin, et organise sa première exposition-vente à Cotonou en 1995, qui remporte un succès fou : il vend toutes ses toiles le soir même. L’année suivante, il est exposé en France, puis en Allemagne. Tchif sait se vendre, il se crée un personnage qui provoque, choque, existe et fait parler de lui.

L’artiste trouve très vite son mode d’expression sur toile : c’est la terre, vue de haut, qu’il choisira de représenter. Il travaille ses peintures par couches successives, mêlant













pigments, pastels, acrylique, les laisse en extérieur pour les exposer aux intempéries, puis les retravaille. Contre la peinture sur chevalet, qu’il trouve trop conventionnelle, Tchif peint par terre. Il aime toucher sa peinture, son relief. L’inspiration lui vient quand il est seul, face à lui-même. Ses toiles sont comme un survol de la terre, elles nous parlent d’Univers et d’Universel. Le margouillat est présent sur toutes ses toiles ; il symbolise l’humain. Pour l’artiste, le margouillat grimpe sur les murs, s’arrête quand il rencontre des obstacles ou aspérités, hoche la tête. Il est proche de l’homme, en quête d’une liberté qu’il ne peut jamais acquérir en raison des obstacles qui se trouvent sur son chemin.


Trois artistes africains ont joué un rôle important dans la construction de sa carrière de plasticien : Fadaïro pour son travail de la matière, Sokey Edorh pour son traitement de la couleur et des pigments, Romuald Hazoumé pour son charisme, sa force, sa tempétueuse instabilité. Il incarne à ses yeux l’Artiste, à tout prix et sans conteste.


Tchif est également très impliqué dans la quête de la valorisation de l’art contemporain africain sur le sol de son continent d’origine. Il a ouvert à Cotonou son propre espace, l’Espace Tchif, qui veut être à la fois une galerie d’Art et un Centre Culturel. Une idée qu’il a en tête depuis 1997 et qui prend corps aujourd’hui.


Avec Qui vivra verra, l’artiste imagine le conducteur de taxi-moto du futur, et signe sa troisième installation. Un pied de nez à ceux qui n’ont pas cru en lui à ses débuts ?

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