pas ce qu’il recherche, il choisit de poursuivre son parcours en autodidacte. Néanmoins ce parcours n’est pas dépourvu de compagnie, et comme ce n’est pas toujours l’art qui mène aux artistes, c’est sur les terrains de sport qu’il fera deux rencontres déterminantes pour son œuvre et le déroulement de sa carrière : Kouas et Romuald Hazoumé.
Sans cesser de peindre, il se met alors à créer des sculptures et installations à la symbolique forte et aux matériaux frappants tels que des ossements récupérés auprès d’abattoirs. Il dit pourtant lui même de son travail qu’il ne le considère pas réellement abouti jusqu’à 1999. En effet à cette date, après une première présentation à Boulev’art (manifestation d’art contemporain cotonoise) où figurent déjà les poupées qui vont rapidement devenir sa marque de fabrique, c’est au Centre Culturel Français de Cotonou, dirigé alors par André Jolly, qu’il présente ses sculptures. Celles-ci font instantanément scandale, elles choquent, dérangent, soulèvent des polémiques musclées. Ces critiques le confirment dans son choix de médium et ses sujets. Dés l’an 2000, les expositions se multiplient et s’exportent. De jeune talent en devenir il est devenu « le docteur des poupées », un acteur essentiel de la scène artistique béninoise et internationale.
En 2007, sa carrière prend un nouveau tournant quand il rencontre Rémi Guillet au Mans, lors de l’exposition collective « Reflets d’Afrique ». Celui-ci l’encourage dans son travail sur les totems. Cette inspiration, puisée dans l’histoire et la tradition, il la revendique ouvertement : c’est la simplicité du travail, la créativité, l’imagination qui le touchent dans les œuvres de culture et de tradition africaine ancestrale. Mais c’est aussi le mélange des genres et des matériaux qu’il recherche quand il mêle les poupées à ses créations. A l’image des anciens qui confrontaient objets occidentaux, symboles allochtones, et éléments de leur art propre, il projette, avec une certaine dose de recul et d’ironie, sa vision du monde, élargie et enrichie par la rencontre des cultures.