le monde qui nous entoure et le futur qui se profile, n’a rien d’enfantin. Pourtant il se dit lui même inspiré d’abord par les enfants, leur innocence et leur finesse. L’imagination qu’on retrouve chez lui, dans ses créations faites de récupérations leur rend directement hommage.
De son enfance à lui, il a gardé d’abord le souvenir des Activités Coopératives de Productions (ACP) où ses amis et lui apprenaient, parmi différentes activités, à fabriquer leurs propres jouets. Après la révolution, et l’arrêt total de ces activités, c’est en famille et dans son cercle élargi qu’il retrouve une ambiance créative mais désormais autour de la musique. S’il ne cesse de récupérer et de créer des jouets - « des petites choses »-, celle-ci va pourtant prendre le pas pendant de nombreuses années. De 1986 -en terminale- où il monte son premier groupe d’Acid Rock, jusqu’à 1999, où sa carrière s’orientera plus décisivement vers les arts plastiques, il a joué, voyagé, accompagné, enregistré, tourné avec différents groupes, dans différents pays… Encore maintenant, artiste contemporain installé, il joue à Cotonou et dans la sous région avec son groupe « Pyramide ».
En 1999, le CCF, au travers d’André Jolly puis, plus tard Wily Dubos, aura joué un rôle important en lui offrant un lieu d’exposition à Cotonou, mais il doit aussi sa réputation en tant que plasticien à des évènements tels que le Premier Salon d’Art Contemporain Béninois (l’Harmattan), ou des expositions collectives, à partir de 2001, au Bénin : Boulev’Art, Gospel et Racines… Des expositions en France et au Brésil lui ont, elles aussi, apporté une renommée internationale naissante.
Désormais, il se passionne pour des installations de plus grande taille afin de communiquer pleinement son message. Parfois facilement assimilables en quelques mots, elles donnent à réfléchir bien plus longtemps qu’un discours verbeux et stérile. Par exemple, quand on lui demande si sa vision du passé influence celle qu’il se fait du Bénin de 2059, il répond simplement qu’à l’échelle de sa ville, en tout cas dans les années 70, on pouvait voir Cotonou comme une ville très saine, très verte.
« Tout est mort aujourd’hui, il n’y a plus que des ordures ».
Paniqués par les prévisions catastrophiques des 50 prochaines années, beaucoup s’inquiètent, palabrent et se lamentent. Ce ne sont pas des activités de l’enfance. Aston agit.
Il encourage les enfants à le seconder dans ses créations et les aide à prendre conscience de leur environnement, de sa dégradation et des moyens d’y remédier.
Aston ne prédit pas un futur glorieux pour 2059 mais il contribue à le rendre aussi bénéfique que possible.