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Sculpture et installations
A l’occasion de cette exposition, la Fondation se remplit d’assemblages et de constructions de toutes sortes : animaux, lieux, personnages symboliques ou oniriques… Les créations en trois dimensions permettent de découvrir une multitude de recherches et de méthodes diverses.
Aston a d’abord appris à fabriquer des jouets. Ensuite, il a dessiné, peint, joué de la musique, voyagé. A 35 ans, révolté par la pollution (rues couvertes de sacs en plastique, objets abandonnés, les déchets traînant partout…) il a commencé à tout ramasser pour en faire des installations, des œuvres d’art en leur donnant une nouvelle vie.
Aston se dit inspiré par les enfants, leur innocence et leur finesse. L’imagination poétique d’Aston leur parle et leur rend hommage.
Les objets et les mots inspirent l’artiste. Dans l’installation « Aston Formule 1 » présentée au rez-de-chaussée de la Fondation, au-delà de leur fonction première, les objets créent du sens par rapprochement: Aston utilise des brosses à dents car « ces bolides et leurs pilotes lancés à 200-300km/heure risquent de se casser les dents », des briquets, des allumettes, des câbles électriques, des fusibles car « ces bolides, ce sont des boules de feu et tout peut s’embraser sur le circuit », une calculatrice car « tout est calculé dans ce milieu sportif ;la vitesse, la performance, l’argent». Enfin, des bouchons de champagne représentent la victoire ; des pièces de monnaie et des cauris rappellent que « c’est l’argent qui nous fait courir », des cartes téléphoniques et le clavier d’un téléphone évoquent la communication.
Avec Seyni Camara, la technique et les matériaux changent du tout au tout. Inspirée par les évènements de sa propre vie, elle a développé en autodidacte une technique de terre cuite qu’elle fait évoluer au rythme de ses créations :
« Au début je ne faisais que des femmes enceintes. D’autres femmes ont essayé aussi mais personne n’a réussi. Pour faire une pièce je travaille une dizaine de jours. Je commence par faire la tête. Je couvre tous les soirs pour que ça ne sèche pas. J’achète de grandes feuilles de plastique. Puis je mets la tête de côté et je commence le corps. Si les statues sont petites je les fais en une seule pièce. Si le corps a des enfants je fais les enfants à part puis je les colle. Je colle la tête, la tête est lourde. Il faut faire attention quand on soulève. La nuit je vois ce que je dois faire pendant le jour. J’ai les yeux grands ouverts, je ne dors pas. C’est Dieu qui m’a fait ce don. Une année je fais une chose, l’année suivante autre chose. Je ne peux pas faire deux fois la même chose. »
En passant par les structures de fils de fers de Joe Big Big, les souris de ciment de Georges Lilanga di Nyama, le violoniste de bronze de Malobé Diop ou le singe de béton de Cyprien Tokoudagba chacun pourra se familiariser avec toute l’étendue des méthodes de création.
Pour finir ce tour d’horizon de la sculpture contemporaine le papier mâché monumental de l’éthiopien Mickaël Béthé-Sélassié évoque le message de « re-création » : lorsqu’on voit pour la première fois le « Fou du Village » qui contemple le visiteur du haut de ses deux mètres quatre-vingt, on est subjugué et on comprend que tout est possible dans l’art. Cette œuvre qui évoque la liberté totale de l’artiste fait sauter les limites dans les têtes. « En créant, nous n’avons que les limites que nous nous donnons. »